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Bakelandtpad

Bakelandtpad

Langemark

5 min de lecture

Une randonnée paisible autour de Langemark, entre chemins ruraux, nature et nombreux vestiges de la Première Guerre mondiale.

10.5 km Facile Principalement revêtu Boucle Aller au départ

La randonnée

Le Bakelandtpad est une boucle balisée de 10,5 kilomètres autour de Langemark. Son nom fait référence à Lodewijk Bakelandt, le célèbre bandit actif dans cette région à la fin du XVIIIe siècle. Pourtant, son histoire est étonnamment peu présente le long du parcours. La randonnée traverse surtout la campagne paisible autour de Langemark et relie plusieurs lieux marqués par les combats de 1917.

Carte du parcours

Bakelandt, à l’origine du nom

À la fin du XVIIIe siècle, la Flandre était sous administration française. Les biens de l’Église furent confisqués, les prêtres refusant de prêter serment à la République française durent se cacher, les récoltes et le bétail furent réquisitionnés et de jeunes hommes furent appelés à servir dans l’armée française. Ces tensions contribuèrent au déclenchement de la Guerre des Paysans en 1798.

C’est dans ce contexte troublé que Lodewijk Bakelandt entra dans l’histoire. Les récits populaires en firent plus tard un chef de bande particulièrement violent, mais les recherches du professeur Stefaan Top à partir des archives judiciaires donnent une image moins spectaculaire. Bakelandt était avant tout un brigand et un seul homicide lui fut imputé. Il fut néanmoins décapité le 2 novembre 1803 sur la Grand-Place de Bruges avec 23 autres condamnés.

Aujourd’hui, son nom reste étroitement lié à Langemark-Poelkapelle. Il est donc assez surprenant que le Bakelandtpad raconte si peu son histoire. Aucun panneau d’information ne vient réellement développer le thème. Depuis le Vijverpark, l’itinéraire suit l’ancienne voie ferrée vers un tout autre chapitre de l’histoire de Langemark.

Du Studentenfriedhof à la Broenbeek

La première grande étape est le cimetière militaire allemand de Langemark, souvent appelé Studentenfriedhof. Après la Première Guerre mondiale, il faisait partie de plusieurs cimetières allemands présents dans la région. Des dépouilles provenant d’autres sites y furent ensuite regroupées. Aujourd’hui, plus de 44 000 militaires allemands y reposent, dont près de 25 000 dans la grande fosse commune.

Le parcours suit ensuite la vallée de la Broenbeek. Le long de la Beekstraat, le mémorial de la 34th British Division et un bunker allemand se trouvent presque côte à côte. En 1917, la Broenbeek constituait un obstacle particulièrement difficile. Les pluies, les bombardements et les positions allemandes avaient transformé la vallée en terrain marécageux. Le monument rend surtout hommage aux unités d’artillerie et du génie de la 34e Division, engagées ici dans des conditions extrêmes en octobre et novembre 1917. Le bunker situé juste derrière était à l’origine un poste de mitrailleuse allemand avant d’être temporairement utilisé comme poste de commandement par les troupes alliées.

En poursuivant brièvement tout droit avant de tourner, on peut également rejoindre un second mémorial, beaucoup plus discret. La petite pierre dans le champ commémore Emilien Girault et André Etienne Malliavin du 2e Régiment de Chasseurs d’Afrique, tués ici le 9 octobre 1917. L’inscription est aujourd’hui devenue difficile à lire.

Une pause à ’t Bosseltje

Par la Kleine Merkemstraat, la randonnée continue en direction de Madonna. Je connaissais déjà une partie de ces chemins grâce à une autre promenade, mais cette fois je les parcourais dans l’autre sens. Après avoir retrouvé la Broenbeek puis traversé la Steenbeek, on arrive à ’t Bosseltje.

Ce petit espace naturel le long de la Hugotstraat fut offert à la commune en 1958 par la famille parisienne Hugot, en mémoire de leur fils mort dans les environs. Il pourrait s’agir de Charles Victor Hugot, soldat français tué près de Langemark en décembre 1914. La donation imposait que le terrain ne soit jamais mis en culture et que la mémoire des soldats français morts dans ce secteur pendant la Première Guerre mondiale soit préservée.

Pour moi, c’était un bon endroit pour faire une pause. Un banc se trouve au fond du terrain et, après les nombreux sites de guerre, l’endroit offre un moment de calme bienvenu. La boucle reprend ensuite par des routes asphaltées entre les champs. Il est également possible de faire un détour vers Ruisseau Farm Cemetery. Ce petit cimetière de la CWGC, qui compte 82 sépultures, se trouve sur le terrain d’une ferme. Lors de ma promenade, j’ai finalement gardé cette visite pour une autre fois.

Harry Patch au bord de la Steenbeek

Lorsque l’itinéraire retrouve la Steenbeek, un dernier lieu mérite l’arrêt : la Harry Patch Memorial Stone. La pierre marque l’endroit où Patch et ses camarades franchirent la Steenbeek inondée le 16 août 1917 sur un ponton construit à la hâte, pendant les combats autour de Langemark.

Le 27 septembre 2008, Harry Patch revint lui-même sur place pour inaugurer le mémorial. Il avait alors 110 ans et était le dernier soldat britannique encore en vie à avoir combattu dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. La simplicité du monument contraste avec la force de son emplacement, directement lié à ce qu’il avait vécu ici en 1917.

Après avoir retraversé la Steenbeek, la randonnée revient au Vijverpark. Elle se termine ainsi comme elle a commencé : dans un paysage calme qui raconte finalement beaucoup plus de choses que ne le laisse supposer son nom.

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